40 milles vent arrière séparent l’île d’Efaté à la petite île d’Emae. Les nombreuses îles volcaniques égrenées sur notre route offrent un véritable spectacle
La météo se dégradant nous ne pouvons rester qu’une nuit à Emae. Nous passons l’après-midi dans l’eau cristalline à évoluer entre les coraux et les nombreux poissons. Le soir on fête avec Annie et Patrice mon anniversaire
20 milles plus au nord nous mouillons dans le paisible et protégé mouillage de Revolieu sur l’île Epi.
Le sable noir rend les fonds peu attrayants, mais l’envie de découvrir le tombant extérieur du récif est la plus forte : nous ne sommes pas déçus ! De gros mérous et vivaneaux chassent devant nos masques, quelques poissons-papillons inconnus enrichissent la liste de nos rencontres sub-aquatiques.
Une piste bien entretenue nous conduit au village de Burumba. En chemin, les arrêts sont fréquents. Les habitants anglophones ou francophones discutent volontiers. Nous passons devant le Nakamal lieu de réunion où l’on boit le kava. Ici contrairement à l'île de Tanna – très conservatrice- il n’est pas interdit aux femmes ou aux enfants. Les piliers en stipes de fougères semble obéir à une volonté artistique de style très contemporain.
Les habitations diffèrent des îles précédentes. Elles sont construites à même le sol. Des troncs évidés et coupés en deux constituent les parois. Les toits sont tressés ici avec une petite palme : le natangoura
Une liane ( Mikania micrantha) envahissante recouvre et tue la végétation. L’histoire raconte qu’elle a été importée par les américains lors de la seconde guerre mondiale pour camoufler leurs installations. Les scientifiques pensent plutôt qu’elle a été introduite d ‘Amérique tropicale entre les années 1940 et 1945 car les exigences de rapidité du camouflage en temps de guerre paraissent incompatible avec la vitesse de croissance de cette liane. L’introduction de cette espèce parasite est un véritable fléau qui justifie les tracasseries que nous subissons en quarantaine à nos arrivées dans ces archipels isolés. rien qu’au Vanuatu on compte plus de 100 espèces animales ou végétales indésirables introduites par les voyageurs.
Nous rencontrons Lydia et Jeffrey des amis de nos amis Francine et François du voilier Yovo.
L’accueil que nous réserve Lydia et sa famille est extraordinaire. Nous partageons trois jours en leur compagnie,profitant de leurs multiples attentions.
Ils nous expliquent leur mode de vie, leurs jardins exploités en polycultures : tarots, papayers, canne à sucre, patates douces, kava, bananiers. Jeffrey et ses fils travaillent également le coprah et commencent à développer la culture de 2 hectares de cacaoyers qui semble mieux rapporter que le coprah. Ce coprah est collecté par un seul acheteur australien pour en faire du bio-carburant alimentant bus et générateurs électriques qui fournissent l’énergie de Port-Vila.
Lydia montre comment tresser le natangoura pour la réalisation des toits
Sur leur terrain, une petite grotte abrite des chauve-souris.
Lydia cuisine quelques plats locaux sur son fourneaux au bois dans sa hutte-cuisine nouvellement refaite.
Poissons frits, maniocs au lait de coco, bananes cuites, soupe de poisson au gingembre, tarte à la banane, canne à sucre, pamplemousse constituent notre repas dominical partagé ensemble.
Pour les remercier nous leur offrons quelques produits de nécessité absents de l’île : semences, vêtements, riz, piles ,savon. Nous repartons les sacs à dos chargés de fruits.
Jeffrey et un des ses fils viennent au bateau, Jocelyn leur donne les plans de feu Supertanker notre annexe en contreplaqué époxy, afin qu’ils puissent se construire un petit bateau.
Nous garderons d’eux un souvenir ému.
La montée des eaux est flagrante à Burumba. Le sable remplace la terre, les arbres sont déracinés, et quelques maisons en bord de mer ont du être évacuées ces dix dernières années.
L’Ecole francophone de Burumba financée avec l’aide de pays européens, coquette et bien entretenue, nous donne envie de reprendre nos cartables…
La classe de Madame Nora regroupe trois niveaux du primaire. Les écoliers sont réunis par section, et le tableau divisé en 3. Les élèves se présentent, et nous montrent leurs cahiers.
Les deux dernières sections du primaire sont enseignées par un instituteur. La leçon du jour concerne le parlement ! Les élèves portent tous l’uniforme.
La visite de l’école se termine par le jardin d’enfants, le four à pain, le poulailler et le potager des élèves.
Nous aimerions apercevoir les dugongs ( famille des lamentins) de Lamen Bay à 15 milles de Revolieu. Nous profitons d’une mer étale pour lever l’ancre et pointer l’étrave vers Lamen bay.
Magnifique mouillage de Lamen Bay sous le soleil.
Les dugongs restent invisibles à nos yeux. Mais nous avons la chance d’ observer un long moment les tortues à bec (Eretmochelys imbricata ) fouiller dans le sable et manger des invertébrés soulevés par la chaîne. Certaines nagent autour de nous. Quelles émotions d’assister à un tel spectacle !!
Comme à notre habitude nous nous arrêtons à l’épicerie du village et à l’école.
…tambour traditionnel devant le panneau de l’école..
Cargo transportant et achetant le coprah.
Le Brisk – cargo de fret et de transport inter-île
La rampe de débarquement est en panne, le déchargement se fait à la main : sac de ciment, tonneau de carburant, carton, valises..
Puis chacun charge ses affaires dans la voiture-taxi ou dans le taxi_bateau
Les enfants des Vanuatu toujours aussi souriants
Nous quittons donc à regret l’île d’Epi, en compagnie du voilier Bohème pour l’île de Malekula notre dernière escale au Vanuatu.
*** N’oubliez pas que vous pouvez toujours nous suivre en direct de mouillage en mouillage ou en navigation en cliquant sur la photo dans l’onglet “Où sommes –nous” !!! ***
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