Après 18 jours de mer depuis les Louisiades, nous arrivons en Indonésie aux Iles de la Sonde ou Nasa Tenggara en indonésien.
Dans le chenal remontant sur Kupang – port d’entrée officiel au Timor la vigilance est de mise : il nous faut éviter les nombreux radeaux de pêche flottants, les barques de pêche, les ferries, les cargos, les bouées de ferme aquacole. Un pêcheur tout sourire s’approche de Sundance pour nous saluer, et coupe le sillage au ras de notre poupe. Il embarque malheureusement les deux lignes toutes neuves que Jocelyn venait de monter : 200m de fils, hameçons doubles tout inox à 15 euros, et notre leurre fétiche. Heureusement le couteau était à poste dans le cockpit pour couper les lignes.
Bienvenue en Indonésie …!!!
Par 5m de fond, nous mouillons face à la mosquée de Kupang.
A la VHF, Nappa, notre agent nous donne rendez-vous sur la plage. Dés le débarquement, nous partons chez lui avec Abdullah l’officier de quarantaine. Je monte derrière lui sur son scooter, et Jocelyn derrière Abdullah. Quelle immersion ! Ca fourmille de partout, la circulation est dense. Motos, minibus klaxonnent de partout.
Arrivés chez Nappa, nous remplissons quelques papiers et lui remettons passeports, et clearance. Il nous conduit ensuite à la banque…pour pouvoir le payer.
Dans l’après-midi nous récupérerons nos papiers. Des formalités vite terminées sans tracasserie en échange d’un million deux cent mille roupies. !
Nous partons à la découverte de Kupang ! Pendant notre escapade, Sundance mouillé dans 8m d’eau sur fond de sable en profite pour déraper et partir 2 milles au large malgré les 50m de chaîne. Nous apprendrons plus tard que les fonds en Indonésie sont tellement jonchés de détritus, que les ancres s’accrochent dans des poubelles, et donc ne crochent pas. Nous sommes prévenus pour les prochains mouillages !!!! Effectivement ce n’est plus l’ambiance aseptisée de la Nouvelle-Zélande : plastiques en tout genre et poubelles, traînent aussi bien sur terre que sur l’eau. C’est très sale. En revanche les indonésiens – tout sourire sont très accueillants et serviables.
Après le scooter, nous testons l’autre transport local le Bemo : mini bus bondé avec sono à fond. Nous flânons
dans les rues, entrons dans les boutiques. Visite chez Tekomsel pour acheter un téléphone et une clé 3G pour internet. Le service du Telecom local est impeccablement assuré par une nuée de jeunes gens et jeunes filles charmantes élégamment vêtues, immuablement souriantes.
A midi nous dénichons une petit restau local.
Au menu soupe et nasi goreng ( = riz frit) au poulet accompagné d’un thé glacé. Le tout pour 4 € ! Des locaux nous invitent à s’assoir à leur table. Ici personne ne parle anglais, c’est l’occasion donc tester nos quelques mots de Bahasa ……
Plusieurs barques posent leurs filets autour de Sundance. Les hommes s’activent pour remonter leurs prises : quel maigre butin ! A peine un seau de sardinelles…Les mers indonésiennes surpéchées, au filet ou à la dynamite sont aujourd’hui vides de poissons.
Ne désirant pas prolonger notre visa, nous avons deux mois pour parcourir les côtes indonésiennes. 1800 milles nous séparent de la Malaisie et de Singapour. Les escales à venir seront donc courtes contrairement à nos habitudes. Nous serons à mi parcours à Bali vers le 20 septembre. Nous aurons le plaisir de retrouver la-bas nos amis des bateaux Ultréïa et Yovo avec qui nous ferons route jusqu’à Singapour.
120 milles séparent Kupang de la petite île Adonara. Après 24h de navigation tantôt à la voile, tantôt à la voile et au moteur, nous nous engageons dans le chenal de Lamakera. Les courants et les remous sont violents. Dans ces chenaux les horaires des courants portant au NE ou au SW se font en fonction de la position de la lune ( au méridien ou ante-méridien). Nos calculs s’avèrent exacts puisque nous avançons entre 6 et 9N.
Nous empruntons un petit chenal entre des cayes. Quelques barques sont mouillées dans les coraux. Le volcan actif de Lambata impose le respect par ses dimensions et le panache blanc qui s’élève de son cratère.
Nous posons l’ancre face à un petit banc de sable au nom de consonance bretonne : Kenaweh sur l’île d’Adonara
Le site est exceptionnel. Il remporte à l'unanimité du bord la palme du plus beau mouillage de nos 14 années de navigation.
En annexe, nous explorons les alentours. Une colonie de chauves-souris survolent les palétuviers, nous nous approchons doucement, seul le discret froufroutement de ces milliers d’ailes trouble le silence.
Vers l’ouest le soleil se couche derrière l’île d’Adunara, en même temps à l’Est, la pleine lune apparaît derrière le volcan de Lambata.
Au lever du soleil, de notre lit, par le hublot de la cabine arrière, nous profitons du joli spectacle d’un bateau de pêche qui s’éveille pour affronter sa dure journée de labeur.
Le petit banc de sable immaculé nous attire comme un aimant. Il offre une vue à 360° sur le volcan, l’île, le bateau. L’eau est chaude, nous nous baignons, ramassons quelques coquillages et coraux rouges et profitons de ces couleurs enchanteresses.
Un pêcheur nous vend quelques bananes,et ananas. Nos premiers fruits depuis les Louisiades !!! Ses poissons minuscules ne nous tentent pas.
C’est malheureusement à regret que nous quittons Kenaweh pour l’île de Flores.